(16 Décembre 2025) On dit trop souvent que
la culture c’est comme de la confiture. Que moins on en a, plus on
l’étale. On dit jamais que c’est comme le beurre et pourtant,
beurre et confiture, point de vue tartine, c’est pareil. Et puis ça
veut dire quoi ? Que quand on en a, de la confiture, à ras-bord du
pot, on s’en déverse à pleine louche sur la tartine, qu’on la
noie de confiture à ne plus pouvoir la prendre avec les doigts ?
Non. Bien sûr que non.
Bah pareil pour la culture. Étaler son beurre, étaler sa confiture
ou sa culture, c’est pas un moyen de faire durer le pot ou d’ébahir
son monde. On étale dès l’ouverture du pot. Dans l’abondance.
On étale parce que la confiture, le beurre, le pain, c’est
question d’équilibre. On met peu, non pas parce qu’on a peu, mais
parce que plus serait trop. Avoir de la culture, c’est pas faire du
trivia, c’est pas connaître plein de trucs qui font gagner aux 12
coups de midi. C’est avoir intériorisé même peu de choses, mais
les avoir assimilées, comme on assimile des glucides, les avoir
mêlées à sa substance au point que, entre soi et ce qu’on a lu,
on ne fait plus tellement la différence. Alors on n’a plus besoin
de parler de. Parler, en notre nom, de ce qu’on fait, de ce qu’on
pense, de ce qu’on lit, c’est déjà évoquer cette culture
assimilée. Mieux encore, c’est souvent en ne parlant plus qu’on
la fait vivre le mieux, libéré du souci d’apparaître cultivé.
Tartine au beurre sans confiture.
Non. En vrai, la culture chez
beaucoup, c’est pas tartine, c’est bolo.
La culture chez beaucoup,
c’est un gros plat de spaghetti dans lequel ils baffrent
abondamment, ils te tournicotent là-dedans la fourchette comme pour
en fouiller le fond des entrailles, intestins bolo, à la recherche
d’une merdeuse pépite, d’un petit bout de viande grasse à se
coincer sous la dent pour en faire gicler le jus, qui te sucent et
aspirent bruyamment le truc et c’est à t’en dégoûter des
livres à tous jamais et de la cuisine italienne. Et quand, histoire
de sauver la décence et l’appétit de chacun, tu viens faire
remarquer à ces porcs qu’ils ont fait une tache, là, de sauce,
sur leur veston, tu les vois, suant et rouges, baver d’indignation,
t’insulter de tous les noms et frapper à pleines paumes dans leur
plat de rage et frapper encore encore en pleurant, jetant de la sauce
partout, dégueulassant la nappe et leur monde tant et tellement
qu’on ne voit même plus la maigre tachounette qu’on avait pointé
du doigt, noyée sous la sauce éclatée, par manière de litote,
pour ne pas leur coller la honte que je m’apprête à leur coller.
DANS LA SAUCE
À LUI coller. Et lui,
c’est Bruno. Bruno Bertez.
Quand je l’ai vu tout
dégoulinant de bolo, Bruno, j’ai cru que c’était qu’un pauvre
type. Des pauvres types y en a plein. Y a ceux qui ne répondent pas,
y a ceux qui ne corrigent pas, y a ceux qui s’énervent, comme
bruno, qui tapent des deux poings dans leur plat de culture et en
étalent tellement qu’on ne sait plus quel était le sujet. Le
sujet, c’est que Bruno, c’est à la fois vraiment un pauvre type,
et pas n’importe quel pauvre type. Parce que Bruno, c’est
quelqu’un. J’y ai pas cru au début tant c’était gros. C’est
un patron d’entreprise et même : un patron de presse. Je
comprends qu’il plastronne. Spécialisé dans l’économie, il a
fondé la Tribune et il a un blog, comme moi, ça devrait rapprocher,
dans lequel il publie trop pour que ce soit honnête. Alors bon,
c’est pas le premier journaliste ou patron de presse qui se laisse
prendre. Je rappelle que Denis Robert s’est fait avoir, et lui
aussi s’est comporté comme un pauvre type (il m’a répondu, et
ça c’était cool, mais il n’a rien corrigé et ça c’est sale.
Et y a Bernard Valetes, qui n’a pas répondu.
50 nuances de
pauvres types.
Et avant qu’on me dise
que j’insulte gratuitement, au début certes, quand je me suis dit
ça, c’était pur mépris. Mais quand j’ai découvert qui
c’était, boum, pauvre type, c’est devenu objectif. Parce
que le pauvre type c’est pas juste le mec qu’on méprise. C’est
le mec qu’on méprise pour une bonne raison. C’est celui qui
déroge à l’éthique qui devrait être la sienne et se rend par là
insupportable. Moi par exemple, je suis employé de magasin. Bah mon
taf, c’est de sourire au client, de lui être sympathique et de
faire en sorte qu’il ait la meilleure expérience possible dans le
magasin. Rien d’extraordinaire, c’est sans tapis rouge ni chichi,
mais c’est mon taf et je m’y tiens. Et quand j’y déroge, par
épuisement ou autre, je me comporte comme un pauvre type. Souvent,
je m’en rends compte, alors je m’excuse après auprès du client.
C’est la moindre des choses. Le pauvre type, par exemple, c’est
le piéton qui regarde son téléphone plutôt que le monde qui
l’entoure, c’est le journaliste qui met une fausse citation dans
son article et ne s’émeut pas quand on le lui fait remarquer. Qui
ne corrige pas, qui semble s’en foutre. C’est tout de même pas
pro. Alors le piéton peut avoir des excuses, des raisons : il est
perdu, il connaît pas le lieu, il a une urgence qui lui prend toute
sa tête, etc. Toutes de bonnes raisons, on comprend. Et si on n’est
pas soi-même un pauvre type, on lui sourit, c’est le minimum,
voire on l’aide. C’est le top. Parce que quand on est perdu dans
une ville, y a un truc rassurant, c’est de savoir qu’y a des gens
moins perdus que nous, des gens assez sympa pour nous aider quand on
leur demande. William Burroughs les appelait les « Jonhsons ».
Et puis quand on est journaliste, par définition qu’on décrypte
des faits, qu’on rapporte des propos, la moindre des choses, c’est
de faire ça bien. De pas déformer les propos, de ne pas faire dire
à quelqu’un ce qu’il n’a pas dit, de ne pas inventer les faits
ni les déformer avec des interprétations délirantes. Bref : c’est
d’être sérieux. Et quand on trébuche, qu’on fait pas ça, et
qu’on nous fait remarquer qu’on s’est comporté comme un pauvre
type, c’est d’amender. De corriger, de mettre un petit erratum,
en un mot, de rétablir les faits.
Parce que là aussi, des
raisons, on peut en avoir. On peut avoir mal recoupé, on peut s’être
fait avoir, on peut avoir été vite. Et quand on fait pas ça et
qu’on n’a pas d’excuse, on n’est pas seulement un pauvre
type, on est un sale type. Nora Bussigny, quand elle déforme les
propos, en invente, prétend avoir interrogé untel qui n’a jamais
entendu parler d’elle, elle est une pauvre type. On peut lui
trouver des excuses : elle est au Point et faut bien bouffer. Doit y
avoir des pressions internes, ce genre de trucs. Mais bon, elle est
au Point, je trouve que ça la place direct dans la catégorie sale
type. Quand Bruno Bertez met une fausse citation dans une de ses notes, il se comporte en pauvre type. Mais si ça se trouve c’est
un chic type, c’est pour ça que je lui fait remarquer. Mais quand
je lui ai fait remarquer, il s’est grave comporté en sale type.
Loin de me remercier, il
a censuré mon commentaire, en particulier le lien vers mon article mediapart, empêchant ainsi ses lecteurs de prendre connaissance de mes arguments et de mon enquête, sous-entend que
cette enquête n’est pas concluante, m’insulte et, comble de
l’ironie, érige son commentaire frustré et colère enarticle de blog, en article, c’est ce qui m’achève, qui se veut
philosophique ! Donc en plus il chie sur mes plates-bandes ce
sale type !
Je n’ai donc pas trop
le choix que de lui rentrer dans le lard. En le citant, et lui
répondant.
BRUNO : UN NOUVEAU
MESSAGE
REPONSE A UN CUISTRE
Un
cuistre m’envoie un post insolent
FICHTRE ! C’est
moi !
pour montrer qu’il sait que la citation attribuée à
Anders a peut etre une autre origine,
Non petit bonhomme. Elle A
une autre origine. C’est acté. Si tu te sortais la tête du cul
pour t’intéresser à ce que je te dis, tu aurais vu que l’auteur
de ce texte de merde, c’est Serge Carfantan. Point. Si t’es même
pas capable de reconnaître ça, t’as vraiment un problème avec la
réalité.
il est tout fier de sa science et arrogant, donneur de
leçons; il n’a pas compris que ce qui vaut, ce n’est pas la
polémique sur l’attribution mais le contenu du texte. Peu importe
à la limite qui l’a écrit si le texte conduit comme je le
souhaite à réfléchir.Hahahaha mais pauvre type ! Cette
polémique sur l’attribution de ce texte, d’abord, elle a une
valeur en soi. Parce que les faits sont importants. Ensuite elle
offre un avantage. Elle permet de savoir que
l’auteur de ce texte a viré full complot au moment du covid, a des références
intellectuelles moisies du genre de
Julius Evola depuis des
lustres et que sans doute, donc, y a un truc de pourri dans ce
texte-là puisque le mec est pourri de bout en bout. Alors à quoi tu
veux réfléchir petit bonhomme ? Au fait que
ce texte de merde est un décalque du Protocole des sages de Sion ? Au
fait que diffuser des textes sur internet sans jamais réfléchir
c’est finalement illustrer les thèses de Anders ? Au fait que t’es
qu’une fonction de la machine, un passeur de flux, aveugle et
crétinisé, un prolétaire du texte viral ? Au fait que t’en as
tellement honte que quand je te le fais remarquer, tu t’enfles ?
Mais te gonfler d’air ne te donnera pas de substance mon petit
gars, c’est tout le contraire. ça fait de toi une baudruche. Et
moi les baudruches, ça m’éclate.
Ce texte vaut en lui même
pour faire réfléchir, et surtout si, comme on le constate en lisant
l’article, il ne sert simplement qu’à introduire l’ouvrage
d’Anders.So what ? Intro ou pas ce texte n’est pas d’Anders.
Donc t’as écrit de la merde, point. Et quand vient même : si ce
texte «
vaut en lui-même pour faire réfléchir »,
pourquoi l’auteur, Serge Carfantan, quand il l’écrit, tout de
suite après l’avoir écrit, le rejette comme ridicule, complotiste
et dépassé ? Il le dit, l’auteur de ce texte : une
telle vision est une exagération passéiste qui croit encore le
peuple soumis aux mensonges d’en haut, ce qui n’est plus si
certain depuis qu’internet a horizontalisé les choses :
Bien sûr c’est une
caricature et toute ressemblance avec des faits avérés est pure
coïncidence ; nous n’allons pas verser dans le conspirationnisme
(…) La contre-utopie d’Huxley est un modèle qui ne décrit plus
vraiment notre monde actuel. Elle n’était pertinente que dans un
monde où l’information était soigneusement formatée, limitée et
contrôlée.
Donc et d’une, même
l’auteur de ce texte dit que ce texte est con, alors faut vraiment
être con pour y réfléchir et de deux, ce texte est un putain de
contresens sur Anders. Et ça, petit anévrisme flottant, tu le
saurais si t’avais lu Anders. Tu le saurais, en fait, si tu savais
de quoi tu parles. Ce texte, de Carfantan, suppose que des hommes ont
un contrôle absolu sur tout ce qui est et qu’ils maîtrisent du
début à la fin les chaînes de leurs actions. Or, Anders le montre,
on est aveugles : on créé des outils qui nous dépassent et
dont on est incapables de prévoir les effets. Pire : on est les
victimes de ces effets. Anders le dit clairement : qui veut
dominer doit se laisser dominer par la machine. Il n’y a plus de
maîtres, les maîtres sont des esclaves parmi les autres. Alors faut
vraiment être con ou malhonnête pour introduire un auteur avec un
texte qui se méprend intégralement à son sujet. Je rappelle à
toute fin utile que le seul lien entre ce texte et la pensée de
Anders, c’est UNE PHRASE (celle sur Hitler). Pas plus. Et toi, ton
lien avec Anders, c’est quoi au juste ?
En règle générale je
ne publie pas les commentaires de cuistres narcissiques sauf quand ma
réponse a une portée plus large.
T’as rien publié. T’as
censuré.

Ici ce qui est
matière à réflexion c’est la question des attributions c’est à
dire celle des locuteurs.
Bah merde, tu disais tout le contraire
tout à l’heure ! Je te cite : « il n’a pas
compris que ce qui vaut, ce n’est pas la polémique sur
l’attribution mais le contenu du texte. » Espèce de
flatulence encaoutchoutée, tu te relis parfois ? Tu réfléchis
quand t’écris ? Ou t’as encore encore demandé à une IA de
t’écrire ton texte ?
j’ai une conception très
particulière qui est que: dès lors qu’une idée est lancée, elle
devient « bien commun », elle a valeur objective en-soi,
ce qui prime c’est le sens et surtout la réflexion qui en découle
et non pas la paternité.
C’est un choix que je qualifie de
philosophique; je ne crois pas aux droits d’auteurs, je suis
contre, comme je suis contre les brevets et licences qui limitent la
diffusion du savoir.
Là, je t’ai laissé
causer parce que c’est caviar.
Tu chies sur mes
plates-bandes en invoquant en vain le nom de philosophie et c’est
pas beau à lire. Car vois-tu, je vais t’apprendre un truc. Enfin,
si tu te vides un peu de ton orgueil à la con pour m’écouter et
prendre note. Une idée, oui, est un bien commun. D’ailleurs les
idées, ceux qui en ont, donc a priori pas toi, le disent en général,
que l’idée qu’ils ont eue n’est pas la leur, qu’ils ont
capté autour d’eux l’air du temps, les besoins inassouvis, les
tendances, et qu’ils étaient là au bon moment au bon endroit pour
donner à cette idée sa bonne forme. Nietzsche le disait, une
idée vient quand elle veut, parce que d’une certaine manière, les
idées sont, là je m’éloigne de Nietzsche, le résultat subjectif
des structures objectives dans lesquelles ont est pris. Le Nudging
permet de le voir très bien, mais vois-tu, ce que tu sembles
ignorer, c’est la différence qui existe entre l’idée et
la pensée. L’idée appartient à tous, mais l’idée seule
c’est un peu naze. Des idées j’en ai eues plein, des
réalisations j’en ai eues peu. Il faut pour qu’elle agisse la
travailler, cette idée, et ce travail, intellectuel, là encore,
même si tu pratiques pas t’en as entendu parler, ça suppose
d’exploiter des ressources, comme tout travail. Une culture, des
références précises, des exemples, un talent qu’on s’est
forgé, etc. Or toi, contrairement à ce que tu voudrais nous faire
croire, quand tu pilles un travail intellectuel, tu ne reprends pas à
ton compte une idée, qui par définition appartient à tous, mais un
travail intellectuel, qui est ce qu’une personnalité unique, une
trajectoire intellectuelle particulière, fait d’une idée. Tu
t’arroges par là un prestige qui n’est pas le tien. Tu te fais
passer pour quelqu’un que t’es pas, afin de gagner du pouvoir sur
ceux que tu mystifies. Et c’est pour ça que tu m’as censuré,
pour maintenir cette mystification et l’image que tu donnes de toi.
Car un mystificateur, l’image, c’est tout ce qu’il a. T’es
qu’un visage grimaçant dessiné sur un ballon et qu’une aiguille
réduit à peau de zob. L’aiguille, c’est mon com, c’est cette
note. Qui pointent le fait que 1) une fausse citation te fait crever
de honte, ce qui est déjà poilant et 2) que tout ton texte n’est qu’un texte pompé entièrement du journal Usbek et Rica !
Du coup, je ne devrais même pas dire que c’est ton texte ! T’écris
pas toi, tu plagies. Tu voles. T’es pas une plume, t’es une
vessie gonflée à l’hélium. Parce que ce que tu voles, c’est
pas juste une idée, mais un article entier. Un travail intellectuel
original qui a un auteur qui, contrairement à toi, s’est un peu
cassé le cul dessus : Vincent Edin.
LES PIEDS DANS LE PLAT
Lisez son article à ce
Bruno :
Les masses ne savent pas,
n’admettent pas, même quand on leur démontre, que nous sommes
engagés dans une lutte à mort face aux classes dominantes; c’est
un blocage , un résistance que l’objectivité des faits et des
évènements n’arrive pas à forcer.
L’homme risque de devenir
encombrant, inutile, trop couteux, avec la mise en oeuvre capitaliste
au service du profit, de l’Intelligence Artificielle.
Les
reflexions de Günther Anders sont d’actualité.
C’est en 1956
que le philosophe Allemand Günther Anders écrivit cette réflexion
prémonitoire :
« Pour étouffer par avance toute révolte,
il ne faut surtout pas s’y prendre de manière violente.
Les
méthodes archaïques comme celles d’Hitler sont nettement
dépassées.
Il suffit de créer un conditionnement collectif en
réduisant de manière drastique le niveau & la qualité de
l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion
professionnelle.
« Un individu inculte n’a qu’un horizon de
pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations
matérielles, médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire
en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile
et élitiste… que le fossé se creuse entre le peuple et la
science, que l’information destinée au grand public soit
anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
Là encore,
il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera
massivement, via la télévision, des divertissements abrutissant,
flattant toujours l’émotionnel, l’instinctif. » « On occupera
les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon avec un
bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de
s’interroger, penser, réfléchir. »
« On mettra la sexualité
au premier rang des intérêts humains. Comme anesthésiant social,
il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le
sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une
valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté
; de sorte que l’euphorie de la publicité, de la consommation
deviennent le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté
»
Günther Anders «l’obsolescence de l’homme»
1956.
L’Obsolescence de l’homme de Günther Anders nest
pas premonitoire, non il se bornait à observer le présent et a
l’interpréter à lueur de l’intelligence du futur .
Dans ce
texte magistral de 1956, le philosophe allemand s’alarmait de
l’idolâtrie pour le progrès technologique au service d’une
civilisation des loisirs où les machines auraient retiré aux hommes
toute la pénibilité de l’existence.
C’est un livre qui n’a
pas la postérité qu’il mérite. À sa publication, en 1956, il
connut pourtant un très grand succès, comme en témoignent les
nombreux retirages et nouvelles éditions de l’essai à l’époque,
avec des ajouts de l’auteur justifiant la réimpression de ses
thèses écrites plusieurs années auparavant.
Bravache, Anders
écrit même ceci, en préface à la cinquième édition
de L’Obsolescence de l’Homme : « Non seulement ce
volume que j’ai achevé il y a plus d’un quart de siècle ne me
semble pas avoir vieilli, mais il me paraît aujourd’hui encore
plus actuel ». Et pourtant, peu de nouvelles éditions
sont à signaler depuis le début du XXIe siècle – surtout
aucune en livre de poche permettant de démocratiser ce texte
essentiel.
« Même si l’occasion se présente d’entrer
en relation avec des personnes véritables, nous préférons rester
en compagnie de nos copains portatifs »
Songeons aux
économistes, sociologues et philosophes du progrès et des loisirs
qui sont tombés en désuétude parce que leurs analyses ne
résistaient pas à l’arrivée d’Internet, tandis que celles les
analyses sur Internet étaient rendues caduques par l’invasion des
réseaux sociaux… L’obsolescence de leurs thèses était indexée
sur les objets qu’ils observent.
Avec le livre d’Anders, ça
n’est pas du tout le cas.
Faites l’exercice honnêtement.
Lisez ces quelques lignes sans chercher à savoir qui a pu les écrire
et quand : « Rien ne nous aliène à nous-mêmes et ne
nous aliène le monde plus désastreusement que de passer notre vie,
désormais presque constamment, en compagnie de ces être faussement
intimes, de ces esclaves fantômes que nous faisons entrer dans notre
salon d’une main engourdie par le sommeil – car l’alternance du
sommeil et de la veille a cédé la place à l’alternance du
sommeil et de la radio – pour écouter les émissions au cours
desquelles, premiers fragments du monde que nous rencontrons, ils
nous parlent, nous regardent, nous chantent des chansons, nous
encouragent, nous consolent et, ne nous détendant ou nous
stimulant, nous donnent le la d’une journée qui ne
sera pas la nôtre.
Rien ne rend l’auto-aliénation plus
définitive que de continuer la journée sous l’égide de ces
apparents amis : car ensuite, même si l’occasion se présente
d’entrer en relation avec des personnes véritables, nous préférons
rester en compagnie de nos portable chums, nos copains
portatifs, puisque nous ne les ressentons plus comme des ersatz
d’hommes mais comme de véritables amis ».

Impossible de ne pas être
percuté par l’incroyable actualité de ces lignes… écrites en
1956. Remplacez « radio » par « smartphone »,
« émissions » par « podcasts », rajoutez
« Netflix » et « réseaux sociaux » et
bientot vos amis de l’Intelligence Artificielles qui deja vous
tutoient, à l’ensemble, et observez comme ce texte correspond à
la perfection à notre temps.
La puissance de ce texte visionnaire
est sans égale.
Déjà, à l’époque, Anders voyait que la
croyance dans un salut par le progrès technologique était vaine si
cela ne nous permettait pas de nous resocialiser, de nous rapprocher
les uns des autres.
Les appareils de transmission et les émissions
(ou les « contenus » pour être plus moderne) aliènent
la singularité de chacun dans un mouvement qui nous rend
interchangeables – et donc obsolètes.
Le problème de la
« honte prométhéenne »
Anders est conscient des
critiques que son propos peut susciter, et il se défend par avance
contre ceux qui voudraient le dépeindre en réactionnaire en
rétorquant que le problème est rhétorique : les défenseurs
du progrès jugent ce dernier bon par essence et défendent un bloc,
celui du up to date : tant que l’on peut avoir la
dernière version de l’homme, on doit le faire, et honte à ceux
qui ne s’adaptent pas ! C’est ce qu’Anders appelle « la
honte prométhéenne ».
Pour appuyer sa démonstration sur
le progrès inutile et même « mortifère », il ajoute
une seconde partie intitulée : « Sur la bombe et les
raisons de notre aveuglement face à l’apocalypse » avec des
analyses qu’il développera dans d’autres livres, notamment La Menace nucléaire : Considérations radicales sur l’âgeatomique.
Ses thèses sont saisissantes et implacables sur
l’insuffisante remise en question de notre rapport à la technique
après Auschwitz et Hiroshima.
« Aux États-Unis, on peut
affirmer que la mort est déjà devenue introuvable »
En
tirant le fil de la « honte prométhéenne », Anders tire
des conclusions pleines de prescience. Ainsi, à la fin du livre, il
prédit l’émergence du courant transhumaniste en ces termes :
« De la croyance au progrès découle donc une mentalité qui
se fait une idée tout à fait spécifique de « l’éternité »,
qu’elle se représente comme une amélioration ininterrompue du
monde ; à moins qu’elle ne possède un défaut tout à fait
spécifique et qu’elle soit simplement incapable de penser à une
fin (…). Aux États-Unis, on peut affirmer que la mort est déjà
devenue introuvable. Puisqu’on y considère que seul existe
« réellement » ce qui toujours s’améliore, on ne sait
que faire de la mort, si ce n’est la reléguer en un lieu où elle
puisse indirectement satisfaire à la loi universelle du
perfectionnement ».
La boucle est alors bouclée.
Disciple de Husserl, premier mari de Hannah Arendt, Anders a
fréquenté les plus grands esprits du siècle et signait en 1956 un
livre de leur niveau. Si ce n’est déjà fait, lisez
donc L’Obsolescence de l’homme pour comprendre notre
époque.
Il suffit de comparer ce
texte à cet autre publié dans Usbek et Rica : Pourquoi il faut (re)lire L’obsolescence de l’homme de Günther Anders pour
voir des formules qui apparaissent dans les deux, puis en fait non,
des phrases entières, puis en fait non, le texte entier. Repris
bêtement tel quel.
Et là c’est fun, parce
que : qui limite la diffusion du savoir ? C’est toi. Gros
hypocrite ballonné. En ne jetant pas la lumière sur le magasine
Usbek et Rica, en censurant mon commentaire qui offrait gratuitement
et publiquement de la connaissance, en ne disant pas que ton texte
est de Vincent Edin, en ne disant pas qui est Vincent Edin.
Journaliste que je connais, moi, pour cet article, repris un peu
partout sur le net, et pour son livre En finir avec les idées
fausses propagées par l’extrême-droite. Il a sorti
récemment Sauver l’information de l’emprise des
milliardaires. C’est un bon gars. Pourquoi tu jettes pas un peu de
lumière sur lui et son travail ? Au lieu de te l’attribuer
comme un gros rat ? Ça te coûte quoi, l’honnêteté ?
Hein ? Ça te coûte quoi ?
Reprenons le cours de son
indigestion :
La pensée est toujours
le produit d’une histoire de la pensée, elle n’appartient pas à
celui qui l’énonce; c’est pour cela que je ne m’intéresse pas
à faire payer mes textes,
Encore faudrait-il qu’ils
soient de toi …
à contrôler leur
utilisation, leur reproduction. Je retrouve de nombreuses idées qui
me sont originales sans attribution et je m’en fiche totalement,
l’important est que cela circule, une idée c’est une bouteille à
la mer.
Là encore, mec, même
confusion entre idée et travail. Que tu trouves chez d’autres des
idées que tu as eues, tu ne peux pas réclamer qu’ils te citent et
te nomment. Ils peuvent avoir eu ces idées sans jamais avoir entendu
parler de toi, les bienheureux. Par contre, toi c’est pas ce que tu
fais. Tu ne te contentes pas de dire : « relisez Günther
Anders » et de défendre à ta manière l’idée. Toi, tu
prends tout un texte qui n’est pas de toi, tu ne dis pas d’où tu
le sors, et tu le présentes, de fait, comme étant de toi. Alors que
la seule phrase de toi dans ce roquentin est d’une bassesse folle
et d’un mépris consommé pour les gens :
« Les masses ne
savent pas, n’admettent pas, même quand on leur démontre, que
nous sommes engagés dans une lutte à mort face aux classes
dominantes; c’est un blocage, un résistance que l’objectivité
des faits et des évènements n’arrive pas à forcer. L’homme
risque de devenir encombrant, inutile, trop couteux, avec la mise en
oeuvre capitaliste au service du profit, de l’Intelligence
Artificielle.»
C’est le fantasme
toujours réactualisé de ceux qui croient qu’on doit faire le
socialisme par en haut, et qui le croient parce qu’ils ne croient
pas au socialisme par en bas, à l’intelligence collective, à
l’éducation populaire et à l’auto-organisation. Non, pour ces
gens, le peuple est crétin, ignare, aveugle, veule, il leur faut des
intellectuels et des leaders qui savent et osent pour eux. Il leur
faut un Bruno, pour leur révéler toute l’horreur de leur
situation que par eux-mêmes ils ne saisiraient pas, ils ne
comprendraient pas. Parce qu’un locataire dans une passoire
thermique, jamais par lui-même il n’aura le sentiment d’être
exploité par un proprio avide. D’être méprisé, réduit à une
ressource. Bien sûr que non. Parce qu’un smicard jamais ne
comprendra qu’il est exploité. Bien sûr que non. Il leur faut à
tous un Bruno. Un Bruno intello, un Bruno guide, un Bruno éclairé
qui se comporte pourtant vis-à-vis du travail intellectuel comme
n’importe quel bourgeois. Bruno accapare, Bruno s’arroge, Bruno
s’arrange avec les faits, Bruno regarde de haut et se fait passer
pour ce qu’il n’est pas. Mais il s’en fout, entre bourgeois, on
ne dénonce pas la tartuferie. Tout le monde est tartuffe comme
cochon. Y a que moi qui montre que le roi est nu, et le roi du coup
est colère. Il n’en est que plus ridicule. Et il a raison d’être
colère : on n’a pas besoin de lui pour lire Edin, pour lire
Anders, il n’a fait ni l’un ni l’autre, il a juste copié-collé
des textes, on n’a pas besoin de lui pour savoir qu’il y a une
lutte des classes. C’est pas la lucidité qui manque ; c’est
l’organisation. Et c’est franchement pas d’un Bruno qu’elle
viendra. Parce que Bruno, il sert à rien. Il n’a même pas vu que
ces phrases ne collaient pas avec ce que dit Anders qu’il prétend
nous faire découvrir : ce n’est pas un calcul économique qui rend
l’homme encombrant, c’est le rapport fondamental que l’homme
entretient avec la machine. L’humanisme est renversé, l’homme
n’est plus la mesure de toute chose, mais la machine est la mesure
de toute chose, l’homme est de trop parce qu’il se compare à une
machine et que face à la machine, il a honte de ses imperfections et
s’efface. L’IA, le transhumanisme ne seraient, pour Anders, que
des conséquences de cela. Qui est réalisé depuis la seconde guerre
mondiale.
Et s’agissant
quelquefois de textes activistes, de combat, je suis Léo Ferré qui
disait « les mots et les armes ça tue pareil »
Puisse-t-il avoir raison
! Mes mots peut-être auront raison de toi et tu rendras gorge de
toute ta bêtise.
nous sommes dans une
lutte terrible pour la liberté, contre l’alienation et
l’exploitation, pas dans la jouissance narcissique. masturbatoire.
j’ai une dette vis à vis de tout ce qui m’a précédé et
j’essaie d’honorer cette dette, de montrer ma gratitude, pas de
jouir.
« A man has got to do what a man has got to do »
disait John Wayne. L’archéologie des idées de Michel Foucault est
un travail exceptionnel dans son principe même
Tu veux montrer ta
gratitude, mec ? Nomme les gens que tu voles.
Et arrête de te la
raconter, sors de ta « jouissance narcissique, masturbatoire ».
Comme un trampoliniste ballonné, t’as pas les moyens de ta
prétention. Tu veux parler Archéologie des idées mon gars ?
Ok, allons-y. Foucault il est fort. Et il écrit mieux que toi. Tu
sais pourquoi ? Parce qu’il lit. Il lit tout. Il lit les
archives, il lit les historiens, les philosophes, il lit les
écrivains. Et il prend chez les uns l’angle d’attaque pour
rentrer chez les autres. Il te fait de l’histoire avec les textes
philosophiques. Il te fait comprendre ce qu’il fait à ces textes
en développant une petite analyse d’une nouvelle de Borgès, d’un
tableau, etc. Il est un peu cavalier. Y a un truc fascinant chez lui,
y a un truc fascinant dans son livre Les mots et les choses.
C’est avec ce livre-là qu’il affirme cette archéologie, et
comme les archéologues, il date les textes en fonction des strates
dans lesquelles elles sont prises. Et il situe clairement le passage
d’une strate à l’autre, d’une épistémè à l’autre. Et
Borgès là-dedans c’est quelque-chose, alors oui, c’est cette
liste délirante d’entrées d’une supposée encyclopédie d’une
ancienne dynastie chinoise, mais c’est surtout Pierre Ménard,
auteur du Quichotte qui me revient en tête. Ménard écrit de
nos jours Don Quichotte. On dirait « réécrit », mais
non. Parce qu’il ne l’écrit pas à la même époque que
Cervantès. Tous les mots sont rigoureusement identiques au texte de
Cervantès, mais parce que l’époque est différente, le texte veut
dire autre chose. Parce qu’il est pris dans une autre strate. Et
dans Les mots et les choses, les strates sont claires, la
renaissance, l’âge classique, l’époque des sciences humaines,
et trois textes, matériellement identiques, mais datés de chacune
de ces époques aurait fatalement un sens différent. Parce que le
rapport que les mots entretiennent avec les choses va dépendre de la
manière dont on va organiser et structurer le savoir à ces diverses
époques. L’archéologie, c’est pour lui creuser les strates de
texte pour voir comment ce savoir s’est construit et comment il a
été remplacé. Et c’est pourquoi il est absolument important de
bien dater un texte, de bien en donner le contexte, pour savoir et
d’une, ce qu’on en tirait à l’époque, et de deux, mesurer le
décalage entre notre lecture et le sens originel. Et il est
intéressant parfois, souvent, de faire jouer le vieux sens contre
notre lecture. Ce qu’il fait dans La volonté de savoir quand
il remet en doute l’idée qu’il y aurait eu un interdit sur le
sexe, une interdiction de dire le sexe. Non, il y avait au contraire
incitation, mais cette incitation était faite dans un tout autre
cadre, celui, non de la libération ou de la provocation, mais de la
confession. Donc, allons-y soyons fous, petite leçon foucaldienne
sur cette fausse citation :
Faut la replacer dans son
contexte (la première partie d’un cours, dont l’auteur dénie
toute pertinence), la remettre dans les strates de textes dans
lesquelles elle s’est sédimentée et qui lui donnent son sens (les
textes complotistes écrits par Carfantan, le texte complotiste par
excellence, Le protocole des sages de sion, avec lequel il
entretient des liens indéniables, mais aussi les thèses new-age de
Carfantan, fantasmes fumeux nés de la lecture des vieux textes
indiens). Car il s’agit de savoir quel texte souterrain lui donne
sa structure et sa logique et de le lire en fonction. Et ce soutexte,
c’est soit internet, soit Les Protocoles. Cela permet de ne
pas lire ce texte pour ce qu’il n’est pas, un texte de Günther
Anders, mais de le lire pour ce qu’il est aujourd’hui : un
texte qui au pire est un dogwhistle, au mieux n’est qu’un mème,
qui n’aurait alors aucune valeur en soi, qu’une valeur
réplicative et virale, qui ne vaudrait qu’en tant qu’il se
copie-colle et se propage. Au mieux ce texte, c’est le vide.
Le vide. Et Bruno en
serait le prophète.
Au pire, ce texte c’est
le sheitan et Bruno en serait la dupe. Parce que Bruno il se la
raconte, mais en fait, c’est rien qu’un gros boomer qui
copie-colle tout ce qu’il trouve et le traduit avec google Trad.
Pour le montrer, et
montrer à quel point ce mec est une fraude, faisons une petite
archéologie de sa production intellectuelle :
Cet
éditorial https://brunobertez.com/2025/12/14/editorial-il-faut-deja-relever-le-niveau-de-la-mer-de-liquidites-bessent-veut-accelerer-les-derives-desserrer-les-freins-et-faire-un-pas-de-plus-vers/ est
en quasi-totalité un plagiat de cet
article https://seekingalpha.com/article/4853132-weekly-commentary-its-back
La Fed a abaissé ses
taux de 175 points de base en 15 mois, malgré des conditions
financières extrêmement souples. Cette politique d’assouplissement
a poussé les excès de la bulle spéculative vers des extrêmes que
l’on retrouve dans:
-l’intelligence artificielle,
-les
prêts à effet de levier,
-le crédit privé,
-les
cryptomonnaies,
-les fusions-acquisitions,
-le credit sur marge
The Fed has slashed
rates 175 bps in 15 months, despite extraordinarily loose financial
conditions. Such accommodation pushed Bubble excess to speculative
blow-off extremes – AI, leveraged lending, private Credit, crypto,
M&A, etc.
Autre exemple :
Le problème est que les
opérations de liquidité de la Fed, qui s’élevaient auparavant à
40 000 milliards de dollars et avaient un impact significatif,
se retrouvent aujourd’hui confrontées à des marchés des
pensions, de financement et de produits dérivés massivement
gonflés, sans parler de l’énorme volume d’opérations de base
et de l’effet de levier spéculatif qui ont explosé ces trois
dernières années.
The problem is that
previously impactful $40 TN Fed liquidity operations these days
confront massively inflated « repo, » funding, and
derivative markets, not to mention the enormous « basis trade »
and speculative leverage that has ballooned over the past three
years.
Et les extraits de
journaux qui émaillent son article sont les mêmes, exactement, que ceux qui apparaissent dans l'article en anglais. Amusez-vous à les repérer
c’est édifiant. On pourrait croire que Bruno lit tous les
journaux, s’informe, est infatigable et force le respect, mais non
! C’est pas lui qu’on doit admirer, c’est Doug Noland.
Parfois il ne retire pas
le nom de l’auteur :
D’autres fois, il
présente clairement le texte comme étant de quelqu’un
d’autre : https://brunobertez.com/2025/12/11/la-decision-des-trois-grands-et-de-zelensky-de-saper-les-initiatives-americaines-concernant-lukraine-et-la-russie-apparait-suicidaire-et-elle-lest/
Mais pas toujours : cette
note par
exemple https://brunobertez.com/2025/12/14/document-intelligence-artificielle-et-chemins-de-fer/ est
un court extrait de ce texte, qui se retrouve sur plusieurs sites et
blogs en anglais :
AI and the railway mania
Du
coup j’ai vraiment l’impression que Bruno n’est qu’un boomer
de plus qui ne maîtrise pas son outil numérique et cherche à
exister dans un monde qui l’a oublié. Il ne fait les choses bien
que par accident.
Alors, pourquoi perdre autant de temps avec ce
triste sire ?
Parce qu’il est
symptomatique : les gens cherchent à exister à tout prix. Or,
internet, c’est publish or perish. Là dessus, que des tocards sur
Linkedin ou facebook abusent du copier-coller, ça n’étonnera
personne. Parce que leur but, c’est de créer de l’engagement et
en tirer un micro-profit. Du coup, plus c’est racoleur, plus ça
rapporte. Mais là, y a un capital déjà. Y a une image de marque
déjà. Et le mec il fait quoi ? Au fond, que ça : traduire avec
Google Trad un flux RSS. Ni plus. Ni moins. Ce mec qui pourrait se
prévaloir d’une expertise et se casser le cul à produire un truc
se contente de faire ce qu’un algorithme pourrait faire sans mal.
Le mec se prolétarise. Et c’est là où se révèle la fatuité de
ses postures intellectuelles. De même qu’il ne distingue pas idée
et pensée, il ne distingue pas flux et oeuvre, contenu et ouvrage.
Il croit lire, s’instruire, développer une culture, la rendre
accessible, la partager, il n’en est rien, il ne fait que prendre
connaissance de contenus, consulter, et faire circuler. Il est un
opérateur de flux, une écluse, dont toute la pensée est mise en
branle par le contenu qu’il laisse s’écouler à travers lui et
toute entière déterminée par lui ; jamais sa pensée ne prend de
hauteur sur ce qu’il fait circuler, jamais il ne prend les choses
de côté. Non, il pense dans le cadre de ce qu’il fait circuler et
n’en sort pas, et après, oublie, oublie fatalement. Que sait-il de
Anders ? Rien. Pas même ce qu’il a copié-collé. En a-t-il
seulement quelque chose à foutre ? Non, Anders lui a juste permis
d’exister sur les réseaux. Il l’instrumentalise et pour ce
faire, il se réduit à n’être qu’un rouage aveugle et stupide
de machine. Il ne s’abêtit même plus, il se mécanise. Il remplit
sa fonction d’aide-machine, de passeur de flux, il est au service
du contenu numérique qui par essence doit circuler et être copié.
Et il appelle cela un travail intellectuel, une mission. Il n’est
que l’outil d’expansion d’internet, qui grossit en dédoublant
ses contenus et en permettant à chacun de les obtenir par diverses
canaux. Et il fait cela sans travail humain supplémentaire. Il
devrait prendre exemple sur Foucault, qui faisait des pas de côté,
qui prenait les choses d’en haut et de biais, qui se plaçait
toujours sur la zone de friction entre deux disciplines qui n’avaient
que peu à voir entre elles. Mais que sait-il de Foucault ? Bruno, je
me suis arrêté sur lui, parce qu’il est l’exemple du bourgeois
prolétarisé, ignorant de sa propre prolétarisation, qui défend
avec plus de hargne le peu qui lui reste. Et ce peu, c’est son
image, cela-même que j’ai attaqué. C’est dire que Bruno, c’est
plus rien du tout déjà.
(EDIT : j'ai recopié cette note ici et, par curiosité, je suis retourné sur son blog pour voir s'il s'était décidé à publier mes commentaires. La réponse est non, évidemment. Mais il y a plus drôle : le 3 févirer 2019, il partage la fausse citation une première fois, en la reprenant explicitement du "blogalupus", un site que j'avais vu passer et qui m'inspire pas la plus grande des confiances. Toujours est-il que le texte y est attribué à Anders, avec une photo de Huxley, et dans les commentaires un mec qui se fait appeler Anders et remercie l'autre tâcheron de "rendre à Günther Anders ce texte si souvent attribué à Huxley". Je vous ai déjà dit que j'aimais internet ? Puis il l'a republiée, ce coup-ci comme si c'était une lecture qu'il avait faite, dans la note de 2025 que j'égratigne ici. Il ne fait donc, comme je le dis, qu'un travail de prolétaire numérique, d'opérateur de flux de textes.)