(10 juin 2024) Ce portrait intellectuel de Carfantan que j’ai dessiné à grands traits est inquiétant. Semble concluant. Pourtant, il n’est pas certain qu’on puisse en tirer quoi que ce soit en ce qui concerne le texte qui nous occupe. Cette prosopopée du cynisme politique qui, d’exercice littéraire, de moment au sein d’une réflexion, est devenue citation apocryphe mais dominante dans l’œuvre d’Huxley et de Anders, ne jouit pas du même degré d’affirmation que les fake-news assénées par Carfantan dans ses derniers livres. Ce texte, Carfantan semble certes lui accorder une certaine valeur, mais, au sein de son cours sur la révolte, cette prosopopée est vite rendue caduque. Carfantan s’y moque de ses aspects complotistes et remarque qu’un tel plan, pour être mis en œuvre, suppose un contrôle total des médias. Ce qui, à l’époque d’internet, est illusoire. Sauf en Chine. Mais la Chine est un cas limite, pas un exemple radical. La suite de sa leçon, je ne la connais pas. Je ne sais donc pas s’il réhabilite ce texte jusqu’à un certain point. Partons-donc du principe qu’il le récuse. Cela importe assez peu d’ailleurs : ce que je veux comprendre, ce n’est pas la valeur que lui donne Carfantan, mais la valeur que lui donne tout internet. L’attrait universel que ce texte exerce, et sur internet, et dans le monde de l’édition.
Un texte complotiste
La première difficulté tient au fait que le texte n’a peut-être pas la même nature quand on l’attribue à Carfantan ou à ses faux auteurs. Attribué à Carfantan, c’est un texte sur le cynisme politique. Attribué à Anders, à Huxley, c’est … un plan de domination mondiale.
Peut-on vraiment y voir une analyse du cynisme politique ? Ce qui m’a rapidement gêné dans ce texte, c’est que moi, perso, je n’y vois pas le cynisme politique.
Dans un sens très commun, le cynisme, ce n’est pas ça. C’est masquer derrière de grands discours des intérêts mesquins et à courte vue. Le cynisme ne va pas résider dans une déclaration mais dans l’écart entre la déclaration et les effets concrets de la décision. Dire « on va sauver l’hôpital public » et l’enterrer un peu plus pour aller pantoufler deux ans après dans un groupe médical privé, c’est cynique. C’est déjà avoir en tête un cynisme philosophique que de présenter le cynisme comme l’énonciation transparente d’une vérité crue. Ou un cynisme désabusé, et donc déjà un début de désengagement, de refus du cynisme vulgaire et de la situation qui le provoque. La question est de savoir si ce cynisme philosophique est celui, d’une manière générale, de nos dirigeants, de nos riches, etc. des gens donc, qui sont dans des positions confortables de pouvoir. On a évidemment des exemples, mais est-ce que ces exemples font norme ? Au début de l’automobile, les industriels ont rejeté un carburant sans risque pour mettre au point un carburant dangereux, qui a causé de nombreuses morts au court de son élaboration, parce que le carburant sans risque ne promettait aucun profit. Oui, on a ça. Et on a en Angleterre un médecin véreux qui, pour s’enrichir, a falsifié une étude afin d’imposer dans le débat public l’idée que les vaccins trivalents provoquaient l’autisme chez les enfants. Il l’a fait parce qu’il était payé pour ça, parce qu’il avait lui-même un vaccin à vendre. Ce mec est pourtant encore une figure adulée dans les milieux complotistes. On croise parfois des enflures. Mais font-ils normes ? Ne faut-il pas au bout d’un moment, pour ne pas tomber dans un cynisme désabusé et donc déjà dans une forme de souffrance, croire au rôle que l’on se donne, créer une situation de « théâtre vécu » comme le dit Leiris, une situation où l’on sait jouer un rôle, mais où ce rôle ne nous apparaît pas comme une pure fiction, ou alors nous apparaît comme une fiction à laquelle nous croyons de plus en plus à mesure que nous la jouons. Je ne sais pas. C’est cela qui me gêne tant dans ce texte lu comme présentation du cynisme des élites—manière dont il est souvent présenté. Faut pour le défendre montrer que les « élites » ne sont pas dupes de leurs discours et du langage qu’ils parlent. Il faudrait pour cela déjà qu’ils parlent ; le langage technocratique utilisé dans les sphères du pouvoir est si dénué de toute signification qu’il rend certainement impossible tout cynisme désabusé : puisque le cynisme consiste à dire les choses telles qu’elles sont, là où les élites baignent dans un langage dont la force réside justement dans le fait qu’il ne dit jamais rien, elles deviennent incapables de tout cynisme. Sauf à rompre avec tout ça façon Juan Branco. Lui il manifeste un cynisme philosophique et désabusé. Qui, jouissant d’une position élevée, parle comme Juan Branco ? Personne.
On ne peut donc pas voir dans ce texte le cynisme si le cynisme est une figure du mensonge et si on y voit le cynisme comme une brutale honnêteté, on ne peut pas voir ce texte autrement que comme un plan de domination mondiale. Carfantan le reconnaît lorsqu’il moque ses accents complotistes. Disons simplement un plan de domination nationale. Donc pas de philosophie. Mais la philosophie, elle règne où ? Nulle part. De la musique abrutissante et du spectacle. Mais ça c’est limité à un pays ? Pas aux yeux de qui dénonce la culture du divertissement. La promotion de la sexualité ? Pour ceux qui dénoncent les « lobbies lgbt » et leur soit-disant emprise sur les enfants, c’est mondial. Pour ceux qui dénoncent la vulgarité d’une culture de la pornographie, c’est mondial, etc. C’est-à-dire que, à partir du moment où les gens lisent dans ce texte une description de la réalité qui les entoure, ils se représentent cette réalité comme le fruit d’une volonté occulte, concertée et toute puissante qui agit non à un niveau local et limité, mais à un niveau mondial. Ce texte est donc bien, matériellement parlant, un texte complotiste et les internautes de tout bord ont eu paradoxalement raison d’y voir autre chose qu’une prosopopée. La nature du texte, à mes yeux, explique son étrange destin—jusqu’à un certain point. Je comprend qu’il en ait attiré certains, je ne comprend pas qu’il s’empare des autres. Je comprend par ailleurs la nécessité de lui assigner un auteur intouchable. Écrit par un inconnu—et Carfantan l’est, ce texte est trop facilement rejeté. Écrit par Huxley, par Anders, on le prend, parce que c’est Huxley, parce que c’est Anders. D’autant plus quand c’est Anders. D’autant plus quand ce dernier est annoncé d’emblée comme un auteur juif. Et d’une, ça fait de lui un penseur qui a subi les conditionnements de masse et se trouve donc bien placé pour en parler. Et de deux, bah …. ça fait de lui un juif. Et là ça dépend de qui lit. Soit, parce que juif, il est très au courant des méthodes de domination mondiale. Ça c’est la version bien faf. Soit, parce que juif, on ne peut tout de même pas l’accuser d’avoir écrit un texte antisémite. Ce texte dit donc d’autant plus la vérité que son auteur est juif. Qu’on vive dans la haine des juifs ou non. Ça devient gênant …
C’est bizarre tout ça on est d’accord ? Quoi qu’on fasse et par quelque bout qu’on le prenne, ce texte finit toujours par être un complot juif mondial. Hey, Duvauchel ! Tu vois ? C’est ça, lire un texte, l’analyser techniquement, avec une minutie terrifiante, montrer une vraie compétence dans ce domaine ! Witneeeessss !
Mais comment le montrer ? Comment le démontrer ? J’ai bien vu qu’il ne suffisait pas de dire que c’est un texte full complot aux relents antisémites. Les gens résistent. Et, je tiens à le dire tout de suite, cela ne préjuge en rien des croyances et des convictions de Carfantan. Il m’a affirmé lors de nos échanges avoir simplement extrapolé et radicalisé ce qu’il voyait du néolibéralisme actuel et je le crois (EDIT : même si il m'a jeté au visage l'adage sorti de je-ne-sais-où : "un patient guéri est un patient perdu"). Il se trouve simplement que, lorsqu’il a radicalisé ce qu’il voyait du néolibéralisme, il est retombé sur le complot juif. Compte tenu de ses lectures c’est pas étonnant. C’est là en arrière-fond dans son imaginaire. Tous les gens qui sont dans le new-age tendanciellement développent des convictions complotistes d’abord, antisémites ensuite. Comme réponse et issue à la nouvelle vision du monde complotiste qu’ils se sont forgée, et qui est insupportable à vivre sans un bouc-émissaire. Mais qu’ils aient tous tendance ne veut pas dire qu’ils basculent tous. Je ne peux donc m’appuyer ni sur la personnalité de Carfantan, ni sur la transparence du texte, vu que l’évidence ne suffit pas. Il me faut donc recourir à un expédient. Trouver un texte qui a les propriétés que je crois trouver dans le texte que j’analyse : une comparaison avec un texte étalon devrait permettre de montrer les points sur lesquels la prosopopée se rapproche du texte étalon, ceux au contraire où il s’en éloigne. S’il s’éloigne beaucoup, j’ai tort. S’il se rapproche beaucoup j’ai d’autant plus raison que les différences sont faibles et peu nombreuses.
Quelles sont les caractéristiques de notre texte ? C’est, dans la quasi totalité de ses occurrences, un faux qui circule sur internet alors même que sa fausseté est connue. Lu comme une méthode de domination du monde. Lu comme une description du monde. Je rajoute : c’est un texte complotiste. Textuellement antisémite.
Connaissons-nous un texte qui soit un faux reconnu, qui circule malgré cette reconnaissance, qui soit une méthode de domination du monde dans laquelle beaucoup voient une description du monde dans lequel on vit ? Qui soit, de plus, complotiste et antisémite—connaissons-nous un tel texte qui puisse servir de point de comparaison ?
Un texte antisémite ?
Oui. On en connaît un. Et là pour le coup, ça va pas être drôle.
Le Protocole des Sages de Sion. Il correspond en tout point à ce que je cherche. Le protocole des Sages de Sion va donc me servir de texte étalon, de texte de comparaison. Écrit en 1903, rapidement traduit dans plusieurs langues, le Protocole présente les discussions qui auraient eu lieu lors de séances secrètes entre juifs et francs-maçons pour dominer les populations occidentales et conquérir le monde. Sa nature complotiste et antisémite ne fait donc aucun doute. C’est aussi un faux rapidement dénoncé (en vain) comme tel, décalque du Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu de Maurice Joly, publié quarante ans plus tôt. Ce qui ne gêne en rien ceux qui s’appuient aujourd’hui encore dessus : pour eux, certes le texte est inauthentique, mais sa véracité ne fait aucun doute. Allez comprendre...
Le texte existe en plusieurs versions et plusieurs traductions. N’étant pas un spécialiste du texte, j’ai fait l’exercice en comparant plusieurs variantes et en gardant celle qui, sur les passages comparables, me semblait la plus clair. J’essayerai de vous retrouver les références du texte utilisé.
Et bien maintenant, comparons.
Le texte entier d’abord :
Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir.
Et maintenant les comparaisons point à point :
Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.
Ce qui donne dans les Protocoles :
Un esprit bien fait peut-il espérer mener avec succès les foules par des exhortations sensées ou par la persuasion, quand la voie est ouverte à la contradiction même déraisonnable, pourvu qu’elle paraisse séduisante au peuple qui comprend tout superficiellement ? Les hommes, qu’ils soient de la plèbe ou non, sont guidés exclusivement par leurs petites passions, par leurs superstitions, par leurs usages, par leurs traditions et leurs théories sentimentales : ils sont esclaves de la division des partis qui s’opposent à l’entente la plus raisonnable. (…) En raison de la fragilité actuelle de tous les Pouvoirs, notre puissance sera plus durable que toute autre, parce qu’elle sera invincible jusqu’au moment où elle sera si bien enracinée qu’aucune ruse ne pourra plus la ruiner…
Là, dans les Protocoles on retrouve bien la même opposition entre conditionnement collectif puissant et révolte. Dans les Protocoles, les hommes sont susceptibles de se révolter très facilement parce que divisés et à la recherche constante de leur intérêt supposé. Un pouvoir, uni, concerté, coordonné, s’assure une domination totale dès lors que son pouvoir et ses valeurs ont été intégrés par les populations : dès lors qu’elles ont été conditionnées, donc. Ça colle.
Regardons ces « aptitudes biologiques innées » maintenant. Pas pour les comparer aux Protocoles, mais avec le cours sur Autrui concocté par Carfantan. C’est un petit à-côté que je m’autorise, pour développer un peu autour du livre de Morrigan, Sans Patriarcat. Je vous l’avez annoncé, c’est le moment. Pour Mathilde Morrigan, ces aptitudes innées sont celles des femmes qui sont bridées par la société patriarcale dans leurs possibilités les plus essentielles, intellectuelles comme physiques. On connaît l’expérience faite en classe : un exercice de maths est donné, les garçons le réussissent mieux que les filles. Le même, présenté comme un exercice de dessin, les filles le réussissent mieux que les garçons. Le sport, c’est un truc de mec, alors comme avec les maths les femmes se brident, s’interdisent d’y prendre plaisir, de s’y épanouir. Alors que, vécu autrement que comme compétition, dépassement de soi, truc viriliste quoi, elles pourraient en faire un élément comme un autre de leur développement. Je suis d’accord. Sauf que Carfantan, c’est pas ça qu’il entend par « aptitudes biologiques innées ». Il ne dit pas physiques, ni physiologiques, mais biologiques. C’est une affaire qui ne concerne pas seulement la femme, mais l’espèce à travers elle. Et cela se remarque quand il est question du « langage corporel ». Je cite :
« on remarquera que l’homosexuel s’approprie les caractéristiques gestuelles du sexe opposé. A une époque qui aimerait tout confondre, on pourrait penser que ces distinctions sont passées de mode, mais c’est sans compter sur les conduites primitives qui restent présentes sous le verni de la culture et se réveillent sous l’impulsion du désir (c’est moi qui souligne). Rien n’y fait, en situation de désir, même la femme soit-disant libérée, retrouve des gestes archaïques : montrer sa crinière, se triturer les cheveux, même quand ils sont courts, baisser les yeux, battre des cils. Rien n’y fait, quand elle circule au milieu d’un groupe d’hommes, une femme se tient plus droite, sort sa poitrine et balance les hanches, c’est de l’ordre du subconscient, un rappel archaïque qu’elle est faite pour porter des enfants, et une manière de le signaler au regard du mâle. Même une femme lesbienne qui n’a pas d’attirance spontanée pour les hommes est inconsciemment inclinée vers ces comportements archaïque.(Ibid.) » (Tours et détours sur autrui, p.95)
Voilà ce que Carfantan entend, je crois, par « aptitudes biologiques innées » : les aptitudes à la séduction et à la procréation, la performance du genre. Dans l’économie de ce texte, ici lu comme un texte antisémite, comme un décalque des Protocoles des sages de Sion, il s’agit de ruiner la sexualité normale et saine et libératrice des individus par une sexualité dénaturée et pervertie par cette « idéologie qui est le mondialisme », idéologie qui impose aux peuples occidentaux, entre autres, « égalité des sexes (dits « genres ») et droits des homosexuels (dits LGBTQ) ». C’est lui qui le dit. Dans ses cours sur le Great Reset (ici et là). Ceci afin d’affaiblir les peuples et de les détourner, dans le plaisir, de ce qui serait dans leur intérêt, à savoir croître et multiplier. C’est un « great reset » soft, un remplacement de population sans meurtre.
Du coup, ce petit bout de texte, dans un essai féministe, ça la fout mal. Vraiment. C’est un contresens complet–si j’ai raison bien entendu, du texte qui, là encore, mais on commence à en avoir l’habitude, a été mal lu, si toutefois il l’a été. Là-dessus j’ai un doute, parce que Mathilde Morrigan n’est pas seulement une autrice féministe. Elle est aussi une sorte de néo-sorcière et médium new-age qui fait des soin par téléphone. Enfin, elle facture 85 balles un appel de 15 minutes pour ensuite faire des trucs de son côté :
« Mon sort-soin est une séance complète, durant laquelle je me connecte à toi à travers un voyage dans l’astral, et je te transmettrai aussi certains messages reçus via écriture intuitive. Tu auras aussi un tirage de cartes, puis un sortilège pour sceller le tout. Le sort-soin est idéal si tu es en recherche de réponses, un besoin d’aller de l’avant, de lâcher-prise ou de comprendre certaines choses dont tu peines à trouver la solution…
Prix unique : 85€ »
Elle peut te sauver de la poisse aussi pour 120 balles, fait des séances pour animaux de compagnie et il me semble qu’il y a quelques temps encore, elle proposait du chaneling avec les morts … Tout ça juste avec Wattsapp. On comprend pourquoi les éditions Leduc lui ont proposé un contrat. Elle se fond parfaitement bien dans leur catalogue. Même si elle est bien tombée, toutes les séances astrales n’enlèveront pas le fait qu’elle s’appuie dans son livre, féministe, sur un texte plein de haine et probablement antisémite ; sur un auteur qui tient des propos un brin misogynes, un brin complotistes, et que ni elle, ni son éditeur n’ont daigné me répondre quand j’ai voulu les en prévenir. Tant pis.

















