(16 Décembre 2025) On dit trop souvent que la culture c’est comme de la confiture. Que moins on en a, plus on l’étale. On dit jamais que c’est comme le beurre et pourtant, beurre et confiture, point de vue tartine, c’est pareil. Et puis ça veut dire quoi ? Que quand on en a, de la confiture, à ras-bord du pot, on s’en déverse à pleine louche sur la tartine, qu’on la noie de confiture à ne plus pouvoir la prendre avec les doigts ?
Non. Bien sûr que non.
Bah pareil pour la culture. Étaler son beurre, étaler sa confiture
ou sa culture, c’est pas un moyen de faire durer le pot ou d’ébahir
son monde. On étale dès l’ouverture du pot. Dans l’abondance.
On étale parce que la confiture, le beurre, le pain, c’est
question d’équilibre. On met peu, non pas parce qu’on a peu, mais
parce que plus serait trop. Avoir de la culture, c’est pas faire du
trivia, c’est pas connaître plein de trucs qui font gagner aux 12
coups de midi. C’est avoir intériorisé même peu de choses, mais
les avoir assimilées, comme on assimile des glucides, les avoir
mêlées à sa substance au point que, entre soi et ce qu’on a lu,
on ne fait plus tellement la différence. Alors on n’a plus besoin
de parler de. Parler, en notre nom, de ce qu’on fait, de ce qu’on
pense, de ce qu’on lit, c’est déjà évoquer cette culture
assimilée. Mieux encore, c’est souvent en ne parlant plus qu’on
la fait vivre le mieux, libéré du souci d’apparaître cultivé.
Tartine au beurre sans confiture.
Non. En vrai, la culture chez
beaucoup, c’est pas tartine, c’est bolo.
La culture chez beaucoup, c’est un gros plat de spaghetti dans lequel ils baffrent abondamment, ils te tournicotent là-dedans la fourchette comme pour en fouiller le fond des entrailles, intestins bolo, à la recherche d’une merdeuse pépite, d’un petit bout de viande grasse à se coincer sous la dent pour en faire gicler le jus, qui te sucent et aspirent bruyamment le truc et c’est à t’en dégoûter des livres à tous jamais et de la cuisine italienne. Et quand, histoire de sauver la décence et l’appétit de chacun, tu viens faire remarquer à ces porcs qu’ils ont fait une tache, là, de sauce, sur leur veston, tu les vois, suant et rouges, baver d’indignation, t’insulter de tous les noms et frapper à pleines paumes dans leur plat de rage et frapper encore encore en pleurant, jetant de la sauce partout, dégueulassant la nappe et leur monde tant et tellement qu’on ne voit même plus la maigre tachounette qu’on avait pointé du doigt, noyée sous la sauce éclatée, par manière de litote, pour ne pas leur coller la honte que je m’apprête à leur coller.
DANS LA SAUCE
À LUI coller. Et lui, c’est Bruno. Bruno Bertez.
Quand je l’ai vu tout
dégoulinant de bolo, Bruno, j’ai cru que c’était qu’un pauvre
type. Des pauvres types y en a plein. Y a ceux qui ne répondent pas,
y a ceux qui ne corrigent pas, y a ceux qui s’énervent, comme
bruno, qui tapent des deux poings dans leur plat de culture et en
étalent tellement qu’on ne sait plus quel était le sujet. Le
sujet, c’est que Bruno, c’est à la fois vraiment un pauvre type,
et pas n’importe quel pauvre type. Parce que Bruno, c’est
quelqu’un. J’y ai pas cru au début tant c’était gros. C’est
un patron d’entreprise et même : un patron de presse. Je
comprends qu’il plastronne. Spécialisé dans l’économie, il a
fondé la Tribune et il a un blog, comme moi, ça devrait rapprocher,
dans lequel il publie trop pour que ce soit honnête. Alors bon,
c’est pas le premier journaliste ou patron de presse qui se laisse
prendre. Je rappelle que Denis Robert s’est fait avoir, et lui
aussi s’est comporté comme un pauvre type (il m’a répondu, et
ça c’était cool, mais il n’a rien corrigé et ça c’est sale.
Et y a Bernard Valetes, qui n’a pas répondu.
50 nuances de
pauvres types.
Et avant qu’on me dise que j’insulte gratuitement, au début certes, quand je me suis dit ça, c’était pur mépris. Mais quand j’ai découvert qui c’était, boum, pauvre type, c’est devenu objectif. Parce que le pauvre type c’est pas juste le mec qu’on méprise. C’est le mec qu’on méprise pour une bonne raison. C’est celui qui déroge à l’éthique qui devrait être la sienne et se rend par là insupportable. Moi par exemple, je suis employé de magasin. Bah mon taf, c’est de sourire au client, de lui être sympathique et de faire en sorte qu’il ait la meilleure expérience possible dans le magasin. Rien d’extraordinaire, c’est sans tapis rouge ni chichi, mais c’est mon taf et je m’y tiens. Et quand j’y déroge, par épuisement ou autre, je me comporte comme un pauvre type. Souvent, je m’en rends compte, alors je m’excuse après auprès du client. C’est la moindre des choses. Le pauvre type, par exemple, c’est le piéton qui regarde son téléphone plutôt que le monde qui l’entoure, c’est le journaliste qui met une fausse citation dans son article et ne s’émeut pas quand on le lui fait remarquer. Qui ne corrige pas, qui semble s’en foutre. C’est tout de même pas pro. Alors le piéton peut avoir des excuses, des raisons : il est perdu, il connaît pas le lieu, il a une urgence qui lui prend toute sa tête, etc. Toutes de bonnes raisons, on comprend. Et si on n’est pas soi-même un pauvre type, on lui sourit, c’est le minimum, voire on l’aide. C’est le top. Parce que quand on est perdu dans une ville, y a un truc rassurant, c’est de savoir qu’y a des gens moins perdus que nous, des gens assez sympa pour nous aider quand on leur demande. William Burroughs les appelait les « Jonhsons ». Et puis quand on est journaliste, par définition qu’on décrypte des faits, qu’on rapporte des propos, la moindre des choses, c’est de faire ça bien. De pas déformer les propos, de ne pas faire dire à quelqu’un ce qu’il n’a pas dit, de ne pas inventer les faits ni les déformer avec des interprétations délirantes. Bref : c’est d’être sérieux. Et quand on trébuche, qu’on fait pas ça, et qu’on nous fait remarquer qu’on s’est comporté comme un pauvre type, c’est d’amender. De corriger, de mettre un petit erratum, en un mot, de rétablir les faits.
Parce que là aussi, des raisons, on peut en avoir. On peut avoir mal recoupé, on peut s’être fait avoir, on peut avoir été vite. Et quand on fait pas ça et qu’on n’a pas d’excuse, on n’est pas seulement un pauvre type, on est un sale type. Nora Bussigny, quand elle déforme les propos, en invente, prétend avoir interrogé untel qui n’a jamais entendu parler d’elle, elle est une pauvre type. On peut lui trouver des excuses : elle est au Point et faut bien bouffer. Doit y avoir des pressions internes, ce genre de trucs. Mais bon, elle est au Point, je trouve que ça la place direct dans la catégorie sale type. Quand Bruno Bertez met une fausse citation dans une de ses notes, il se comporte en pauvre type. Mais si ça se trouve c’est un chic type, c’est pour ça que je lui fait remarquer. Mais quand je lui ai fait remarquer, il s’est grave comporté en sale type.
Loin de me remercier, il a censuré mon commentaire, en particulier le lien vers mon article mediapart, empêchant ainsi ses lecteurs de prendre connaissance de mes arguments et de mon enquête, sous-entend que cette enquête n’est pas concluante, m’insulte et, comble de l’ironie, érige son commentaire frustré et colère enarticle de blog, en article, c’est ce qui m’achève, qui se veut philosophique ! Donc en plus il chie sur mes plates-bandes ce sale type !
Je n’ai donc pas trop le choix que de lui rentrer dans le lard. En le citant, et lui répondant.
BRUNO : UN NOUVEAU MESSAGE
REPONSE A UN CUISTRE
Un cuistre m’envoie un post insolentFICHTRE ! C’est moi !
pour montrer qu’il sait que la citation attribuée à Anders a peut etre une autre origine,
Non petit bonhomme. Elle A une autre origine. C’est acté. Si tu te sortais la tête du cul pour t’intéresser à ce que je te dis, tu aurais vu que l’auteur de ce texte de merde, c’est Serge Carfantan. Point. Si t’es même pas capable de reconnaître ça, t’as vraiment un problème avec la réalité.
il est tout fier de sa science et arrogant, donneur de leçons; il n’a pas compris que ce qui vaut, ce n’est pas la polémique sur l’attribution mais le contenu du texte. Peu importe à la limite qui l’a écrit si le texte conduit comme je le souhaite à réfléchir.
Hahahaha mais pauvre type ! Cette polémique sur l’attribution de ce texte, d’abord, elle a une valeur en soi. Parce que les faits sont importants. Ensuite elle offre un avantage. Elle permet de savoir que l’auteur de ce texte a viré full complot au moment du covid, a des références intellectuelles moisies du genre de Julius Evola depuis des lustres et que sans doute, donc, y a un truc de pourri dans ce texte-là puisque le mec est pourri de bout en bout. Alors à quoi tu veux réfléchir petit bonhomme ? Au fait que ce texte de merde est un décalque du Protocole des sages de Sion ? Au fait que diffuser des textes sur internet sans jamais réfléchir c’est finalement illustrer les thèses de Anders ? Au fait que t’es qu’une fonction de la machine, un passeur de flux, aveugle et crétinisé, un prolétaire du texte viral ? Au fait que t’en as tellement honte que quand je te le fais remarquer, tu t’enfles ? Mais te gonfler d’air ne te donnera pas de substance mon petit gars, c’est tout le contraire. ça fait de toi une baudruche. Et moi les baudruches, ça m’éclate.
Ce texte vaut en lui même pour faire réfléchir, et surtout si, comme on le constate en lisant l’article, il ne sert simplement qu’à introduire l’ouvrage d’Anders.
So what ? Intro ou pas ce texte n’est pas d’Anders. Donc t’as écrit de la merde, point. Et quand vient même : si ce texte « vaut en lui-même pour faire réfléchir », pourquoi l’auteur, Serge Carfantan, quand il l’écrit, tout de suite après l’avoir écrit, le rejette comme ridicule, complotiste et dépassé ? Il le dit, l’auteur de ce texte : une telle vision est une exagération passéiste qui croit encore le peuple soumis aux mensonges d’en haut, ce qui n’est plus si certain depuis qu’internet a horizontalisé les choses :
Bien sûr c’est une caricature et toute ressemblance avec des faits avérés est pure coïncidence ; nous n’allons pas verser dans le conspirationnisme (…) La contre-utopie d’Huxley est un modèle qui ne décrit plus vraiment notre monde actuel. Elle n’était pertinente que dans un monde où l’information était soigneusement formatée, limitée et contrôlée.
Donc et d’une, même
l’auteur de ce texte dit que ce texte est con, alors faut vraiment
être con pour y réfléchir et de deux, ce texte est un putain de
contresens sur Anders. Et ça, petit anévrisme flottant, tu le
saurais si t’avais lu Anders. Tu le saurais, en fait, si tu savais
de quoi tu parles. Ce texte, de Carfantan, suppose que des hommes ont
un contrôle absolu sur tout ce qui est et qu’ils maîtrisent du
début à la fin les chaînes de leurs actions. Or, Anders le montre,
on est aveugles : on créé des outils qui nous dépassent et
dont on est incapables de prévoir les effets. Pire : on est les
victimes de ces effets. Anders le dit clairement : qui veut
dominer doit se laisser dominer par la machine. Il n’y a plus de
maîtres, les maîtres sont des esclaves parmi les autres. Alors faut
vraiment être con ou malhonnête pour introduire un auteur avec un
texte qui se méprend intégralement à son sujet. Je rappelle à
toute fin utile que le seul lien entre ce texte et la pensée de
Anders, c’est UNE PHRASE (celle sur Hitler). Pas plus. Et toi, ton
lien avec Anders, c’est quoi au juste ?
En règle générale je
ne publie pas les commentaires de cuistres narcissiques sauf quand ma
réponse a une portée plus large.
T’as rien publié. T’as
censuré.

Ici ce qui est
matière à réflexion c’est la question des attributions c’est à
dire celle des locuteurs.
Bah merde, tu disais tout le contraire
tout à l’heure ! Je te cite : « il n’a pas
compris que ce qui vaut, ce n’est pas la polémique sur
l’attribution mais le contenu du texte. » Espèce de
flatulence encaoutchoutée, tu te relis parfois ? Tu réfléchis
quand t’écris ? Ou t’as encore encore demandé à une IA de
t’écrire ton texte ?
j’ai une conception très
particulière qui est que: dès lors qu’une idée est lancée, elle
devient « bien commun », elle a valeur objective en-soi,
ce qui prime c’est le sens et surtout la réflexion qui en découle
et non pas la paternité.
C’est un choix que je qualifie de
philosophique; je ne crois pas aux droits d’auteurs, je suis
contre, comme je suis contre les brevets et licences qui limitent la
diffusion du savoir.
Là, je t’ai laissé causer parce que c’est caviar.
Tu chies sur mes plates-bandes en invoquant en vain le nom de philosophie et c’est pas beau à lire. Car vois-tu, je vais t’apprendre un truc. Enfin, si tu te vides un peu de ton orgueil à la con pour m’écouter et prendre note. Une idée, oui, est un bien commun. D’ailleurs les idées, ceux qui en ont, donc a priori pas toi, le disent en général, que l’idée qu’ils ont eue n’est pas la leur, qu’ils ont capté autour d’eux l’air du temps, les besoins inassouvis, les tendances, et qu’ils étaient là au bon moment au bon endroit pour donner à cette idée sa bonne forme. Nietzsche le disait, une idée vient quand elle veut, parce que d’une certaine manière, les idées sont, là je m’éloigne de Nietzsche, le résultat subjectif des structures objectives dans lesquelles ont est pris. Le Nudging permet de le voir très bien, mais vois-tu, ce que tu sembles ignorer, c’est la différence qui existe entre l’idée et la pensée. L’idée appartient à tous, mais l’idée seule c’est un peu naze. Des idées j’en ai eues plein, des réalisations j’en ai eues peu. Il faut pour qu’elle agisse la travailler, cette idée, et ce travail, intellectuel, là encore, même si tu pratiques pas t’en as entendu parler, ça suppose d’exploiter des ressources, comme tout travail. Une culture, des références précises, des exemples, un talent qu’on s’est forgé, etc. Or toi, contrairement à ce que tu voudrais nous faire croire, quand tu pilles un travail intellectuel, tu ne reprends pas à ton compte une idée, qui par définition appartient à tous, mais un travail intellectuel, qui est ce qu’une personnalité unique, une trajectoire intellectuelle particulière, fait d’une idée. Tu t’arroges par là un prestige qui n’est pas le tien. Tu te fais passer pour quelqu’un que t’es pas, afin de gagner du pouvoir sur ceux que tu mystifies. Et c’est pour ça que tu m’as censuré, pour maintenir cette mystification et l’image que tu donnes de toi. Car un mystificateur, l’image, c’est tout ce qu’il a. T’es qu’un visage grimaçant dessiné sur un ballon et qu’une aiguille réduit à peau de zob. L’aiguille, c’est mon com, c’est cette note. Qui pointent le fait que 1) une fausse citation te fait crever de honte, ce qui est déjà poilant et 2) que tout ton texte n’est qu’un texte pompé entièrement du journal Usbek et Rica ! Du coup, je ne devrais même pas dire que c’est ton texte ! T’écris pas toi, tu plagies. Tu voles. T’es pas une plume, t’es une vessie gonflée à l’hélium. Parce que ce que tu voles, c’est pas juste une idée, mais un article entier. Un travail intellectuel original qui a un auteur qui, contrairement à toi, s’est un peu cassé le cul dessus : Vincent Edin.
LES PIEDS DANS LE PLAT
Lisez son article à ce Bruno :
Les masses ne savent pas, n’admettent pas, même quand on leur démontre, que nous sommes engagés dans une lutte à mort face aux classes dominantes; c’est un blocage , un résistance que l’objectivité des faits et des évènements n’arrive pas à forcer.
L’homme risque de devenir encombrant, inutile, trop couteux, avec la mise en oeuvre capitaliste au service du profit, de l’Intelligence Artificielle.
Les reflexions de Günther Anders sont d’actualité.
C’est en 1956 que le philosophe Allemand Günther Anders écrivit cette réflexion prémonitoire :
« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut surtout pas s’y prendre de manière violente.
Les méthodes archaïques comme celles d’Hitler sont nettement dépassées.
Il suffit de créer un conditionnement collectif en réduisant de manière drastique le niveau & la qualité de l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle.
« Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations matérielles, médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste… que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements abrutissant, flattant toujours l’émotionnel, l’instinctif. » « On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon avec un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de s’interroger, penser, réfléchir. »
« On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme anesthésiant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité, de la consommation deviennent le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté »
Günther Anders «l’obsolescence de l’homme» 1956.
L’Obsolescence de l’homme de Günther Anders nest pas premonitoire, non il se bornait à observer le présent et a l’interpréter à lueur de l’intelligence du futur .
Dans ce texte magistral de 1956, le philosophe allemand s’alarmait de l’idolâtrie pour le progrès technologique au service d’une civilisation des loisirs où les machines auraient retiré aux hommes toute la pénibilité de l’existence.
C’est un livre qui n’a pas la postérité qu’il mérite. À sa publication, en 1956, il connut pourtant un très grand succès, comme en témoignent les nombreux retirages et nouvelles éditions de l’essai à l’époque, avec des ajouts de l’auteur justifiant la réimpression de ses thèses écrites plusieurs années auparavant.
Bravache, Anders écrit même ceci, en préface à la cinquième édition de L’Obsolescence de l’Homme : « Non seulement ce volume que j’ai achevé il y a plus d’un quart de siècle ne me semble pas avoir vieilli, mais il me paraît aujourd’hui encore plus actuel ». Et pourtant, peu de nouvelles éditions sont à signaler depuis le début du XXIe siècle – surtout aucune en livre de poche permettant de démocratiser ce texte essentiel.
« Même si l’occasion se présente d’entrer en relation avec des personnes véritables, nous préférons rester en compagnie de nos copains portatifs »
Songeons aux économistes, sociologues et philosophes du progrès et des loisirs qui sont tombés en désuétude parce que leurs analyses ne résistaient pas à l’arrivée d’Internet, tandis que celles les analyses sur Internet étaient rendues caduques par l’invasion des réseaux sociaux… L’obsolescence de leurs thèses était indexée sur les objets qu’ils observent.
Avec le livre d’Anders, ça n’est pas du tout le cas.
Faites l’exercice honnêtement. Lisez ces quelques lignes sans chercher à savoir qui a pu les écrire et quand : « Rien ne nous aliène à nous-mêmes et ne nous aliène le monde plus désastreusement que de passer notre vie, désormais presque constamment, en compagnie de ces être faussement intimes, de ces esclaves fantômes que nous faisons entrer dans notre salon d’une main engourdie par le sommeil – car l’alternance du sommeil et de la veille a cédé la place à l’alternance du sommeil et de la radio – pour écouter les émissions au cours desquelles, premiers fragments du monde que nous rencontrons, ils nous parlent, nous regardent, nous chantent des chansons, nous encouragent, nous consolent et, ne nous détendant ou nous stimulant, nous donnent le la d’une journée qui ne sera pas la nôtre.
Rien ne rend l’auto-aliénation plus définitive que de continuer la journée sous l’égide de ces apparents amis : car ensuite, même si l’occasion se présente d’entrer en relation avec des personnes véritables, nous préférons rester en compagnie de nos portable chums, nos copains portatifs, puisque nous ne les ressentons plus comme des ersatz d’hommes mais comme de véritables amis ».
Impossible de ne pas être percuté par l’incroyable actualité de ces lignes… écrites en 1956. Remplacez « radio » par « smartphone », « émissions » par « podcasts », rajoutez « Netflix » et « réseaux sociaux » et bientot vos amis de l’Intelligence Artificielles qui deja vous tutoient, à l’ensemble, et observez comme ce texte correspond à la perfection à notre temps.
La puissance de ce texte visionnaire est sans égale.
Déjà, à l’époque, Anders voyait que la croyance dans un salut par le progrès technologique était vaine si cela ne nous permettait pas de nous resocialiser, de nous rapprocher les uns des autres.
Les appareils de transmission et les émissions (ou les « contenus » pour être plus moderne) aliènent la singularité de chacun dans un mouvement qui nous rend interchangeables – et donc obsolètes.
Le problème de la « honte prométhéenne »
Anders est conscient des critiques que son propos peut susciter, et il se défend par avance contre ceux qui voudraient le dépeindre en réactionnaire en rétorquant que le problème est rhétorique : les défenseurs du progrès jugent ce dernier bon par essence et défendent un bloc, celui du up to date : tant que l’on peut avoir la dernière version de l’homme, on doit le faire, et honte à ceux qui ne s’adaptent pas ! C’est ce qu’Anders appelle « la honte prométhéenne ».
Pour appuyer sa démonstration sur le progrès inutile et même « mortifère », il ajoute une seconde partie intitulée : « Sur la bombe et les raisons de notre aveuglement face à l’apocalypse » avec des analyses qu’il développera dans d’autres livres, notamment La Menace nucléaire : Considérations radicales sur l’âgeatomique.
Ses thèses sont saisissantes et implacables sur l’insuffisante remise en question de notre rapport à la technique après Auschwitz et Hiroshima.
« Aux États-Unis, on peut affirmer que la mort est déjà devenue introuvable »
En tirant le fil de la « honte prométhéenne », Anders tire des conclusions pleines de prescience. Ainsi, à la fin du livre, il prédit l’émergence du courant transhumaniste en ces termes : « De la croyance au progrès découle donc une mentalité qui se fait une idée tout à fait spécifique de « l’éternité », qu’elle se représente comme une amélioration ininterrompue du monde ; à moins qu’elle ne possède un défaut tout à fait spécifique et qu’elle soit simplement incapable de penser à une fin (…). Aux États-Unis, on peut affirmer que la mort est déjà devenue introuvable. Puisqu’on y considère que seul existe « réellement » ce qui toujours s’améliore, on ne sait que faire de la mort, si ce n’est la reléguer en un lieu où elle puisse indirectement satisfaire à la loi universelle du perfectionnement ».
La boucle est alors bouclée. Disciple de Husserl, premier mari de Hannah Arendt, Anders a fréquenté les plus grands esprits du siècle et signait en 1956 un livre de leur niveau. Si ce n’est déjà fait, lisez donc L’Obsolescence de l’homme pour comprendre notre époque.
Il suffit de comparer ce texte à cet autre publié dans Usbek et Rica : Pourquoi il faut (re)lire L’obsolescence de l’homme de Günther Anders pour voir des formules qui apparaissent dans les deux, puis en fait non, des phrases entières, puis en fait non, le texte entier. Repris bêtement tel quel.
Et là c’est fun, parce que : qui limite la diffusion du savoir ? C’est toi. Gros hypocrite ballonné. En ne jetant pas la lumière sur le magasine Usbek et Rica, en censurant mon commentaire qui offrait gratuitement et publiquement de la connaissance, en ne disant pas que ton texte est de Vincent Edin, en ne disant pas qui est Vincent Edin. Journaliste que je connais, moi, pour cet article, repris un peu partout sur le net, et pour son livre En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême-droite. Il a sorti récemment Sauver l’information de l’emprise des milliardaires. C’est un bon gars. Pourquoi tu jettes pas un peu de lumière sur lui et son travail ? Au lieu de te l’attribuer comme un gros rat ? Ça te coûte quoi, l’honnêteté ? Hein ? Ça te coûte quoi ?
Reprenons le cours de son indigestion :
La pensée est toujours
le produit d’une histoire de la pensée, elle n’appartient pas à
celui qui l’énonce; c’est pour cela que je ne m’intéresse pas
à faire payer mes textes,
à contrôler leur
utilisation, leur reproduction. Je retrouve de nombreuses idées qui
me sont originales sans attribution et je m’en fiche totalement,
l’important est que cela circule, une idée c’est une bouteille à
la mer.
« Les masses ne savent pas, n’admettent pas, même quand on leur démontre, que nous sommes engagés dans une lutte à mort face aux classes dominantes; c’est un blocage, un résistance que l’objectivité des faits et des évènements n’arrive pas à forcer. L’homme risque de devenir encombrant, inutile, trop couteux, avec la mise en oeuvre capitaliste au service du profit, de l’Intelligence Artificielle.»
C’est le fantasme toujours réactualisé de ceux qui croient qu’on doit faire le socialisme par en haut, et qui le croient parce qu’ils ne croient pas au socialisme par en bas, à l’intelligence collective, à l’éducation populaire et à l’auto-organisation. Non, pour ces gens, le peuple est crétin, ignare, aveugle, veule, il leur faut des intellectuels et des leaders qui savent et osent pour eux. Il leur faut un Bruno, pour leur révéler toute l’horreur de leur situation que par eux-mêmes ils ne saisiraient pas, ils ne comprendraient pas. Parce qu’un locataire dans une passoire thermique, jamais par lui-même il n’aura le sentiment d’être exploité par un proprio avide. D’être méprisé, réduit à une ressource. Bien sûr que non. Parce qu’un smicard jamais ne comprendra qu’il est exploité. Bien sûr que non. Il leur faut à tous un Bruno. Un Bruno intello, un Bruno guide, un Bruno éclairé qui se comporte pourtant vis-à-vis du travail intellectuel comme n’importe quel bourgeois. Bruno accapare, Bruno s’arroge, Bruno s’arrange avec les faits, Bruno regarde de haut et se fait passer pour ce qu’il n’est pas. Mais il s’en fout, entre bourgeois, on ne dénonce pas la tartuferie. Tout le monde est tartuffe comme cochon. Y a que moi qui montre que le roi est nu, et le roi du coup est colère. Il n’en est que plus ridicule. Et il a raison d’être colère : on n’a pas besoin de lui pour lire Edin, pour lire Anders, il n’a fait ni l’un ni l’autre, il a juste copié-collé des textes, on n’a pas besoin de lui pour savoir qu’il y a une lutte des classes. C’est pas la lucidité qui manque ; c’est l’organisation. Et c’est franchement pas d’un Bruno qu’elle viendra. Parce que Bruno, il sert à rien. Il n’a même pas vu que ces phrases ne collaient pas avec ce que dit Anders qu’il prétend nous faire découvrir : ce n’est pas un calcul économique qui rend l’homme encombrant, c’est le rapport fondamental que l’homme entretient avec la machine. L’humanisme est renversé, l’homme n’est plus la mesure de toute chose, mais la machine est la mesure de toute chose, l’homme est de trop parce qu’il se compare à une machine et que face à la machine, il a honte de ses imperfections et s’efface. L’IA, le transhumanisme ne seraient, pour Anders, que des conséquences de cela. Qui est réalisé depuis la seconde guerre mondiale.
Et s’agissant
quelquefois de textes activistes, de combat, je suis Léo Ferré qui
disait « les mots et les armes ça tue pareil »
nous sommes dans une lutte terrible pour la liberté, contre l’alienation et l’exploitation, pas dans la jouissance narcissique. masturbatoire. j’ai une dette vis à vis de tout ce qui m’a précédé et j’essaie d’honorer cette dette, de montrer ma gratitude, pas de jouir.
« A man has got to do what a man has got to do » disait John Wayne. L’archéologie des idées de Michel Foucault est un travail exceptionnel dans son principe même
Tu veux montrer ta gratitude, mec ? Nomme les gens que tu voles.
Et arrête de te la raconter, sors de ta « jouissance narcissique, masturbatoire ». Comme un trampoliniste ballonné, t’as pas les moyens de ta prétention. Tu veux parler Archéologie des idées mon gars ? Ok, allons-y. Foucault il est fort. Et il écrit mieux que toi. Tu sais pourquoi ? Parce qu’il lit. Il lit tout. Il lit les archives, il lit les historiens, les philosophes, il lit les écrivains. Et il prend chez les uns l’angle d’attaque pour rentrer chez les autres. Il te fait de l’histoire avec les textes philosophiques. Il te fait comprendre ce qu’il fait à ces textes en développant une petite analyse d’une nouvelle de Borgès, d’un tableau, etc. Il est un peu cavalier. Y a un truc fascinant chez lui, y a un truc fascinant dans son livre Les mots et les choses. C’est avec ce livre-là qu’il affirme cette archéologie, et comme les archéologues, il date les textes en fonction des strates dans lesquelles elles sont prises. Et il situe clairement le passage d’une strate à l’autre, d’une épistémè à l’autre. Et Borgès là-dedans c’est quelque-chose, alors oui, c’est cette liste délirante d’entrées d’une supposée encyclopédie d’une ancienne dynastie chinoise, mais c’est surtout Pierre Ménard, auteur du Quichotte qui me revient en tête. Ménard écrit de nos jours Don Quichotte. On dirait « réécrit », mais non. Parce qu’il ne l’écrit pas à la même époque que Cervantès. Tous les mots sont rigoureusement identiques au texte de Cervantès, mais parce que l’époque est différente, le texte veut dire autre chose. Parce qu’il est pris dans une autre strate. Et dans Les mots et les choses, les strates sont claires, la renaissance, l’âge classique, l’époque des sciences humaines, et trois textes, matériellement identiques, mais datés de chacune de ces époques aurait fatalement un sens différent. Parce que le rapport que les mots entretiennent avec les choses va dépendre de la manière dont on va organiser et structurer le savoir à ces diverses époques. L’archéologie, c’est pour lui creuser les strates de texte pour voir comment ce savoir s’est construit et comment il a été remplacé. Et c’est pourquoi il est absolument important de bien dater un texte, de bien en donner le contexte, pour savoir et d’une, ce qu’on en tirait à l’époque, et de deux, mesurer le décalage entre notre lecture et le sens originel. Et il est intéressant parfois, souvent, de faire jouer le vieux sens contre notre lecture. Ce qu’il fait dans La volonté de savoir quand il remet en doute l’idée qu’il y aurait eu un interdit sur le sexe, une interdiction de dire le sexe. Non, il y avait au contraire incitation, mais cette incitation était faite dans un tout autre cadre, celui, non de la libération ou de la provocation, mais de la confession. Donc, allons-y soyons fous, petite leçon foucaldienne sur cette fausse citation :
Faut la replacer dans son contexte (la première partie d’un cours, dont l’auteur dénie toute pertinence), la remettre dans les strates de textes dans lesquelles elle s’est sédimentée et qui lui donnent son sens (les textes complotistes écrits par Carfantan, le texte complotiste par excellence, Le protocole des sages de sion, avec lequel il entretient des liens indéniables, mais aussi les thèses new-age de Carfantan, fantasmes fumeux nés de la lecture des vieux textes indiens). Car il s’agit de savoir quel texte souterrain lui donne sa structure et sa logique et de le lire en fonction. Et ce soutexte, c’est soit internet, soit Les Protocoles. Cela permet de ne pas lire ce texte pour ce qu’il n’est pas, un texte de Günther Anders, mais de le lire pour ce qu’il est aujourd’hui : un texte qui au pire est un dogwhistle, au mieux n’est qu’un mème, qui n’aurait alors aucune valeur en soi, qu’une valeur réplicative et virale, qui ne vaudrait qu’en tant qu’il se copie-colle et se propage. Au mieux ce texte, c’est le vide.
Le vide. Et Bruno en serait le prophète.
Au pire, ce texte c’est
le sheitan et Bruno en serait la dupe. Parce que Bruno il se la
raconte, mais en fait, c’est rien qu’un gros boomer qui
copie-colle tout ce qu’il trouve et le traduit avec google Trad.
Cet éditorial https://brunobertez.com/2025/12/14/editorial-il-faut-deja-relever-le-niveau-de-la-mer-de-liquidites-bessent-veut-accelerer-les-derives-desserrer-les-freins-et-faire-un-pas-de-plus-vers/ est en quasi-totalité un plagiat de cet article https://seekingalpha.com/article/4853132-weekly-commentary-its-back
La Fed a abaissé ses taux de 175 points de base en 15 mois, malgré des conditions financières extrêmement souples. Cette politique d’assouplissement a poussé les excès de la bulle spéculative vers des extrêmes que l’on retrouve dans:
-l’intelligence artificielle,
-les prêts à effet de levier,
-le crédit privé,
-les cryptomonnaies,
-les fusions-acquisitions,
-le credit sur marge
The Fed has slashed rates 175 bps in 15 months, despite extraordinarily loose financial conditions. Such accommodation pushed Bubble excess to speculative blow-off extremes – AI, leveraged lending, private Credit, crypto, M&A, etc.
Autre exemple :
Le problème est que les opérations de liquidité de la Fed, qui s’élevaient auparavant à 40 000 milliards de dollars et avaient un impact significatif, se retrouvent aujourd’hui confrontées à des marchés des pensions, de financement et de produits dérivés massivement gonflés, sans parler de l’énorme volume d’opérations de base et de l’effet de levier spéculatif qui ont explosé ces trois dernières années.
The problem is that previously impactful $40 TN Fed liquidity operations these days confront massively inflated « repo, » funding, and derivative markets, not to mention the enormous « basis trade » and speculative leverage that has ballooned over the past three years.
Et les extraits de journaux qui émaillent son article sont les mêmes, exactement, que ceux qui apparaissent dans l'article en anglais. Amusez-vous à les repérer c’est édifiant. On pourrait croire que Bruno lit tous les journaux, s’informe, est infatigable et force le respect, mais non ! C’est pas lui qu’on doit admirer, c’est Doug Noland.
Parfois il ne retire pas le nom de l’auteur :
D’autres fois, il présente clairement le texte comme étant de quelqu’un d’autre : https://brunobertez.com/2025/12/11/la-decision-des-trois-grands-et-de-zelensky-de-saper-les-initiatives-americaines-concernant-lukraine-et-la-russie-apparait-suicidaire-et-elle-lest/
Mais pas toujours : cette note par exemple https://brunobertez.com/2025/12/14/document-intelligence-artificielle-et-chemins-de-fer/ est un court extrait de ce texte, qui se retrouve sur plusieurs sites et blogs en anglais :
Du
coup j’ai vraiment l’impression que Bruno n’est qu’un boomer
de plus qui ne maîtrise pas son outil numérique et cherche à
exister dans un monde qui l’a oublié. Il ne fait les choses bien
que par accident.
Alors, pourquoi perdre autant de temps avec ce
triste sire ?
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